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A. Tomatis vient de publier un livre de 80 pages intitulé La dyslexie, dans lequel il apporte des vues fort originales sur cette question. Pour lui il s'agit essentiellement d'un trouble de l'audition : le dyslexique fait des confusions de lettres et de sons parce qu'il entend mal ; le trouble de l'audition est mis en évidence par l'audiogramme qui montre des altérations de la sélectivité auditive. Cette altération sensorielle qui ne correspond à aucune lésion organique peut régresser sous l'action d'une rééducation auditive appropriée en même temps que disparaît l'incapacité devant la lettre.
Le premier intérêt de ces travaux, c'est qu'ils débouchent sur des perspectives thérapeutiques efficaces dans l'immense majorité des cas. Quand on sait que le nombre des dyslexiques en France est actuellement évalué à plus de 300 000, il apparaît qu'il s'agit là d'un problème d'hygiène mentale majeure.
Ces travaux sont, en outre, plus particulièrement susceptibles d'intéresser des analystes. En effet, la démarcheintellectuelle d'A. Tomatis est celle d'un médecin purement organiciste, O.R.L. et plus précisément phoniâtre, qui fait dans le domaine des relations audio-phonatoires un certain nombre d'observations; quand il veut trouver une explication à ces observations tout empiriques, il en arrive à découvrir le monde de l'affectivité et de la névrose. A partir de ce point, il s'efforce de reconstruire, sous l'angle de la communication auditive, les premières expériences intellectuelles et affectives de l'enfant par rapport à sa mère et au monde, expériences dont le cours normal perturbé lui semble être l'origine de la dyslexie.
Le livre commence par un rappel historique de la question ; les pédagogues, les premiers, se sont heurtés à l'enfant qui ne peut apprendre ; les médecins, ensuite, ont cherché sans les trouver des lésions organiques au correspondantes trouble et lui ont donné un nom en rapport avec leurs travaux sur l'alexie ; les psychologues, enfin, ont mis en évidence un