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« Le Moi est avant tout un Moi corporel, il n'est pas seulement une entité de surface, mais il est lui-même la projection d'une surface. »
Théorique autant que clinique, ce travail est une réflexion sur le processus de somatisation dans un cas d'urticaire. On sait comment le problème se pose dans le cadre de la théorie psychanalytique classique: deux types extrêmes de somatisation y sont distingués qui correspondent à la conversion hystérique et à la névrose actuelle. Certes, dans l'un et l'autre cas, la symptomatologie somatique est prégnante et le corps propre, loin de s'y réduire à ce fond anonyme qu'on peut entrevoir à travers le jeu complexe du réseau associatif, est au premier plan du tableau clinique. Il s'affirme comme une présence opaque, un hiatus, une limite au-delà de toute limite. Et s'il y a là énigme, ainsi que le veut Freud, il faut dire qu'elle est double, puisque dans l'hystérie de conversion il y a passage du psychique au somatique, alors qu'avec la névrose actuelle, quelle que soit la forme positive ou négative qu'elle assume, on assiste au mouvement inverse, au saut du somatique dans le psychique. Par suite de cette mutation énergétique qui tour à tour s'effectue dans un sens ou dans l'autre, franchissant chaque fois une frontière invisible, se crée une condition morbide dont l'étiologie est variable. Somatique dans la névrose actuelle, elle donne lieu à des manifestations qui ont ceci de particulier qu'elles ne résultent pas de quelque conflit ayant son origine dans l'histoire cachée du sujet mais qu'elles traduisent directement un déséquilibre du métabolisme sexuel.