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La discussion que je vais introduire ici sera celle d'un lecteur ne connaissant pas la malade si finement présentée par Mme Loriod. En conséquence tout naturellement les connaissances familières qui encerclent mon intérêt vont réduire l'image de cette malade à n'être plus qu'un produit de mon imagination. Je n'ai donc pas la prétention grossière de venir affirmer à ceux qui la connaissent que Laurence est comme ci ou comme cela, mais simplement que lorsque je lis l'observation de Laurence je suis comme cela.
La question que je vais soulever à propos de cette observation concerne le rôle joué par certains événements traumatiques sinon dans la survenue d'une somatisation, mais aussi dans la disposition à une somatisation ultérieure.
Cette patiente laisse percevoir par bribes que sa structure prémorbide s'apparentait à celle d'une hystéro-phobique. Je rappelle succinctement les signes cliniques qui permettent de l'établir:
L'enchaînement du discours montre une organisation. Ainsi, par exemple, Laurence associe son deuil récent à la perte plus ancienne de son Idéal du Moi. Mme L… nous signale que ce discours contenait des lacunes qui se comblèrent dans des séances ultérieures de psychothérapie. Parmi ces lacunes, une attire l'attention, d'autant que la patiente ne la comblera pas sans s'en défendre et dont jaillira l'image d'une Laurence séductrice, se dérobant au dernier moment. Enfin, nous apprendrons aussi, qu'en plus de l'investigateur, elle avait distingué, à l'arrièreplan pourrait-on dire, un homme plus âgé à qui elle n'aurait pas aimé être confiée. (Reproduction de la relation avec l'ami du père élu comme idéal recouvrant la relation sadomasochique avec son père.)
Ces exemples montrent une dissociation entre la structure de ce discours et sa façon d'être avec l'investigateur. Cette dernière, qui n'illustre en aucun moment ce que dit l'enchaînement de ses paroles,