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Je vais parler dans cet article de quelques aspects concernant le concept de « soi » (1), et le passage à l'état « d'être une personne ». Je vais illustrer mon point de vue par des observations recueillies auprès d'une malade dont les mécanismes et les fantasmes étaient en relation avec des difficultés à trouver une identité. Cette malade était psychotique avec des tendances paranoïdes et hypocondriaques. Elle avait 27 ans quand elle débuta son traitement avec moi, traitement qui dura quatre ans.
Je vais commencer par expliquer la signification de « soi » pour cette malade. La séance dont je vais tirer l'illustration de cet article, eut lieu environ deux ans après le début du traitement. Durant cette séance, elle dit: « Je ne suis pas une personne… Une personne est quelque chose qui est quelque part et que les gens peuvent voir et dont ils peuvent être vus, et qui a un corps. Et avoir un corps, c'est se regarder et se voir. C'est être debout et savoir que l'on est debout; parler, et que celle qui parle est soi en entier. Il n'y a que ceux qui ne sont pas des personnes qui disent quelque chose en eux-mêmes, mais restent extérieurement silencieux ou disent quelque chose de différent. »
D'un point de vue phénoménologique, on peut considérer qu'elle conçoit que le fait d'être une personne signifie être, ou être conscient de sa propre existence; être conscient de sa propre position dans l'espace; avoir un corps, c'est être conscient de son propre corps. Ceci voudrait dire aussi être un tout, une totalité intégrée. Mais l'existence dé soi-même est toujours en relation avec le monde; par conséquent, cela veut dire aussi voir et être vu. Mais pour que les limites du propre corps de quelqu'un puissent se mettre en place par rapport au monde extérieur, il faut arriver à une différenciation claire entre le dedans et