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Ce livre de Mme Deutsch nous paraît d'une actualité d'autant plus grande qu'il nous place face à l'évolution de l'expression des problèmes de l'adolescence en France.
Il traite des déductions tirées d'un travail de recherches, d'observation, sur les jeunes écoliers, étudiants et travailleurs, venus spontanément demander conseil à l'auteur, soit en groupe, soit individuellement. A quelques exceptions près, il ne s'agit nullement de malades relevant d'un traitement psychiatrique ou psychanalytique. Le recrutement se fait de bouche à oreille, les jeunes se conseillant et s'informant les uns les autres. Quelques références à ses écrits précédents sont aussi utilisées. Les lieux de recrutement semblent être des dortoirs scolaireset universitaires ainsi que des groupements de jeunes à l'allure quelque peu « marginale ».
Dès le premier chapitre, H. Deutsch remarque qu'un des problèmes particuliers à l'adolescence contemporaine est la découverte dans la réalité (et non uniquement le vécu dans le fantasme au niveau du Sur-Moi et de l'Idéal du Moi) que les parents ne sont pas complètement libérés des problèmes de leur propre adolescence, et que leur permissivité (sous couleur de modernisme) n'est souvent qu'une démission par culpabilité ou incompétence.
Lorsqu'on se réfère aux réactions de certains parents d'adolescents, au cours des événements du printemps dernier, on est frappé par l'analogie et l'importance de ce problème.
Au désengagement politique et social des adultes américains, Hélène Deutsch oppose l'engagement « révolutionnaire », la lutte pour « l'égalité des sexes » et la « liberté sexuelle » de la jeunesse en révolte. Mais derrière ce mode d'expression apparaît clairement l'identité de ces problèmes avec les problèmes