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Etudiant en 1961 certains aspects des variations de la symptomatologie, j'ai eu l'occasion de parler du cas d'un patient ayant une structure hystéro-phobique de base et qui affichait envers ses symptômes une intolérance absolue (la même intolérance qu'il avait eue autrefois envers sa masturbation). Ce patient illustrait ainsi la description que fit Freud de la lutte que mène le Moi contre les symptômes névrotiques. Au cours de l'hystérie d'angoisse, cette lutte est beaucoup plus affirmée chez les hommes que chez les femmes, exception faite de certains homosexuels. Cette différence revêt son acuité maximum lorsque la structure hystérophobique ébranlée par quelques lames de fond, devient un état limite. La femme se laisse alors emporter le plus souvent par la vague pulsionnelle et développe sur le divan une véritable psychose de transfert, temporaire, dont la décharge tumultueuse aboutit dans le calme morne du vécu dépressif. L'homme maintiendra au contraire, le plus qu'il pourra, ce qu'il ressent comme la cohérence de son Moi, au prix d'interprétations frisant le délire sans cependant jamais devenir délirantes. C'est ainsi que H… s'emportait avec véhémence contre l'excitation insupportable de ses cellules nerveuses, opinion invraisemblable, mais qui était parfaitement admise par son entourage. Dans ces cas, l'irréalisme, l'absence de critique, chez la femme, s'opposent à la raison masculine, bien qu'en l'occurrence, la même passion anime les paroles. Cette opposition laisse transparaître des différences dans les relations internes que le Moi entretient avec son Idéal du Moi. Nous savons à propos de l'Idéal du Moi que Freud, dans une première démarche, lui assigna un rôle prépondérant dans la constitution du sens de la réalité. Par la suite, il rattacha cette fonction au seul Moi. En fait, cette démarche peut être considérée comme génétique. A l'origine, le sens de la réalité appartient aux parents et plus particulièrement au père. Ce n'est qu'u