You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
J.-A. Favreau. — Apropos de la crise respiratoire initiale du cas rapporté par S. Decobert, je crois que la crise d'étouffement, et tout le problème de l'étouffement, très intéressants dans les phobies, dépassent de beaucoup le problème d'une identification ou le problème du traumatisme lié à une identification éventuelle, qui a pu relancer les choses, en tant que traumatisme. Mais le soubassement de Pétouffement, de la peur d'étouffement ou du sentiment d'étouffer, n'est-il pas beaucoup plus profond et beaucoup plus lié, en particulier dans le problème qui nous occupe, à des investissements beaucoup plus régressifs?
M. de M'Uzan. — Certainement, mais c'est un peu une tentation pour nous d'aller directement au plus profond et quelquefois de ne pas retenir un certain nombre de chaînons intermédiaires, qui sont souvent très riches. D'autre part, je crois que ma remarque va plus profondément qu'il ne paraît, dans la mesure où je lie le problème du frère à celui du dédoublement. Et peut-être d'une facon un peu abstraite, je crois que dans ce sens nous nous situons au-delà de la simple identification à un frère mort, mort quand il avait II ans. Je pense que c'est un chaînon intermédiaire qui n'est pas sans importance.
R. Diatkine. — Je crois me rappeler, parce que je connais le cas exposé par S. Decobert, qu'un des éléments importants de l'identification au frère est le fait qu'il n'a revu son frère que dans le cercueil. En fait son sentiment d'étouffement dans sa voiture était vraiment une chose très précise: il était dans un sous-sol, il était dans la voiture et brusquement il a eu l'impression d'étouffer; c'est, je crois, un thème qui est revenu très souvent: le sentiment d'étouffer dans quelque chose qui représentait assez bien, en fait, le corps maternel. Ceci est sans doute plus important même que la notion de croup. Cette identification à quelqu'un qui est dans une énorme « chose », l'écrase. Je crois que dans sa crise d'angoisse primaire, qui a marqué le début de s