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L'ouvrage de R. Laforgue publié dans une édition de poche se lit très vite. Il contient de très nombreuses références cliniques et de fréquentes notions de vulgarisation psychanalytique. Ces notions étaient sans doute inconnues lors de la première édition, mais elles sont aujourd'hui presque du domaine public et datent un peu dans l'impression actuelle.
Une fois soustraits les exemples cliniques et les chapitres consacrés aux échecs de J.-J. Rousseau, Robespierre, Napoléon, il reste de l'ouvrage une trame solide dont la densité permet le résumé en quelques lignes:
L'échec est lié au super-ego (puisque l'auteur le nomme ainsi) qui réclame un châtiment, parfois aussi provoqué pour neutraliser le sentiment de culpabilité. II est en rapport avec l'angoisse de castration et chez l'homme son homosexualité latente le pousse à devenir la victime ou encore à adopter une position passive.
L'échec peut aussi se situer sous l'égide du super-ego social qui interdit à l'individu de sortir de sa couche sociale d'origine.
L'échec peut être entraîné par la persistance de la toute-puissance infantile qui déforme la réalité. Il peut être le fruit de ménages invertis et provoqué par une compétition à l'intérieur même du couple.
L'échec peut se transformer en réussite (sainte Thérèse, Jeanne-d'Arc) ou assouvir le besoin de la collective de créer des victimes expiatoires (Jésus Christ).
L'échec peut créer la maladie et devenir libérateur dans les religions par la servitude à laquelle elles astreignent les individus.
Enfin les apôtres du bonheur sont bien naïfs de ne pas percevoir le besoin d'échec de nombreux humains.
Nous pensons toutes ces notions actuellement répandues et c'est sans doute grâce à R. Laforgue qui fait aujourd'hui figure de précurseur.
J.-C. Hachette.