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J'ai proposé comme thème au Séminaire de cette année la période delatence — période considérée classiquement comme marquant un temps d'arrêt dans l'évolution de la sexualité infantile — parce qu'il me semble qu'il y a lieu d'éclairer sous un jour nouveau, peut-être, cette phase de l'évolution de l'enfance. En effet, depuis la publication des Trois essais sur la sexualité de Freud (2), les psychanalystes — et plus spécialement les psychanalystes d'enfants — ont appris beaucoup de choses par l'observation directe de l'évolution de l'enfant.
Freud pensait que la période de latence marquait le déclin de la « relation œdipienne », ce qui impliquerait que celle-ci engendre, en quelque sorte, celle-là. Mais on peut se demander si ce n'est pas l'évolution biologique de l'enfant qui est à l'origine d'une orientation différente de ses désirs. D'ailleurs Freud n'écrivait-il pas lui-même à ce sujet: « En réalité, cette évolution conditionnée par l'organisme… », etc. (3). C'est à cette période de son évolution que l'enfant amorce ses tentatives de sublimations, dont la réussite ou l'échec auront de si grandes répercussions plus tard dans sa vie d'homme.
Je me demande donc si, depuis la publication des Trois essais sur la sexualité, l'observation directe ne nous a pas enseigné quelque chose de plus. C'est sur cette observation directe que s'appuient les écrits de Berta Bornstein (4) et ceux d'Edith Boxhaum (5).
Berta Bornstein divise en deux temps la période de latence: le premier se placant entre l'âge de 5 et 8 ans, le deuxième allant jusqu'à la puberté. Pendant le premier temps, la défense — c'est-à-dire la crainte — concernant les pulsions sexuelles se trouve mélangée avec les craintes prégénitales ayant, nous le savons, la mère pour objet.
Selon Berta Bornstein, le pronostic thérapeutique est meilleur à cette