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« La période de latence »: ne voilà-t-il pas, choisi pour ce séminaire, un thème appelant électivement les approches cliniques et techniques et nécessitant, au premier chef, les contributions d'analystes familiers avec les plus récents résultats de l'observation directe, et spécialisés dans la pratique de l'analyse des enfants?
« Quoi qu'il en soit — je cite là Lebovici (1) — il est remarquable qu'à partir des traitements psychanalytiques des adultes, Freud ait pu reconstituer et décrire l'histoire du développement instinctuel de l'enfant et que celle-ci ait été désormais admise par tous ceux qui se sont occupés de la neurobiologie de l'enfant, en même temps que retrouvée par son observation directe… » Oui, il est par exemple digne de remarque en effet que Freud ait détecté et décrit la période de latence, en ait véritablement créé la notion, sans le secours de la clinique psychanalytique de l'enfant, ni de ce qu'on entend aujourd'hui par observation directe, et c'est là une première justification aux considérations théoriques d'ensemble que je vais vous présenter, simple introduction, pour l'essentiel, aux exposés et aux discussions qui vont suivre.
On constate fréquemment que tout ce qui concerne la genèse et la signification de la latence, aussi bien que ce qui touche sa place dans la théorie de la sexualité et dans la théorie psychanalytique en général, est censé clair et bien connu. A quoi se trouve liée sans doute une certaine tendance à faire de la période de latence pour ainsi dire « une idée recue »: quelque chose qui a été constaté et enregistré une fois pour toutes, sans mise en question ni approfondissement nécessaires. Il faut cependant rappeler le conseil de Freud de ne pas « s'illusionner sur la nature hypothétique de ses vues relatives à la période de latence » et l'insistance avec laquelle depuis les Trois essais (1905) jusqu'au Déclin de l'Œdipe (1923), il fait remarquer que la conception qu'il en donne représente « un idéal que l'individu n'atteint