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Monsieur le Président,
Mesdames,
Messieurs,
Dans le rapport que vous m'avez fait l'honneur de me confier j'ai essayé de suivre, depuis le début jusqu'à la fin, le même fil conducteur. Partant du principe que les troubles de la pensée existent à des degrés variables, dans toutes les névroses et psychoses, j'ai essayé d'en faire l'inventaire et d'en préciser les mécanismes. Le matériel clinique sur lequel je me suis basé devait être un matériel accessible à tout le monde. J'ai donc pris dans les observations de Freud la plupart des exemples dont j'avais besoin.
Cependant, dans ma tentative de poursuivre l'exploration des troubles de la pensée dans le domaine des principales névroses et psychoses, je vous ai peut-être donné un aperçu trop théorique. Vous pourriez garder, après avoir lu mon rapport, l'impression d'une conception théorique, intéressante peut-être mais limitée dans sa valeur clinique. La rédaction de ce rapport m'ayant astreint à respecter certaines règles, ce travail risque de vous apparaître comme semblable à ce qu'on appelle de la psychanalyse appliquée.
Je tiens à préciser que je ne considère pas du tout l'intérêt clinique de l'étude psychanalytique de la pensée comme comparable à l'étude psychanalytique de l'art ou de la littérature. Il s'agit plutôt, en ce qui concerne les troubles de la pensée, d'un domaine déjà étudié par Freud, d'une façon approfondie, pour la névrose obsessionnelle. La psychanalyse des processus de pensée vient élargir et compléter non seulement la psychanalyse des obsessionnels mais également celle des autres névroses.