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Je voudrais tout d'abord remercier et féliciter le Dr Luzès de son très beau rapport.
Bien que Freud, à plusieurs reprises, se soit occupé de la pensée et du langage, il l'a fait généralement à propos d'autres problèmes connexes. C'est pourquoi nous sommes particulièrement reconnaissants à Luzès d'avoir réuni les textes qui s'y rapportaient en montrant leur cohérence et leur évolution.
Luzès, reprenant la distinction entre la langue et la parole, donne à cette dernière la fonction motrice, c'est-à-dire celle de la catharsis et de la libération d'énergie.
Néanmoins, il me semble devoir retenir qu'au cours d'une analyse, nous observons beaucoup de faits linguistiques, qui appartiennent donc à la langue et non à la parole qui ont aussi une fonction cathartique. Il n'est pas rare, par exemple, que nos malades au cours de leur analyse trouvent un néologisme qui exprime particulièrement bien leur émotion ou leur désir du moment. Ce fait d'invention, de trouvaille linguistique sert aussi à la décharge des affects.
Je dirai plus, la traduction constante de l'état émotif en langage, ce que nous appelons la verbalisation, se passe davantage au niveau de la pensée que de la parole. Avec raison, Luzès, tout au long de son rapport a insisté sur les rapports qui existent entre les sentiments et la pensée. On pourrait dire que cette dernière n'est qu'une élaboration de nos émotions. Cette élaboration sert à la fois à mémoriser les expériences pour l'avenir et à libérer une partie de l'affect, car c'est grâce à cette pensée que l'individu acquiert une certaine maîtrise sur ses sentiments.
Entre l'élaboration et l'expression, il se produit souvent un long temps de réflexion qui forme les silences au cours de l'analyse. A d'autres moments, nous observons qu'une émotion surgit brusquement et trouve de suite son mode d'expression, c'est à ce moment que la décharge motrice trouve son maximum d'efficacité, car elle produit un effet de