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Je tiens à féliciter le Dr Luzès pour son remarquable travail, à la fois complet et profondément élaboré. Je lui dédie ces quelques remarques que sa lecture m'a inspirées. Elles reflètent les discussions que nous avons eues dans le groupe de travail que nous avons constitué à Genève.
On voudra bien excuser mon audace à parler au sujet de textes de Bion. Ces notes sont un hommage à son génie, mais, cherchant à mieux comprendre sa pensée dans toute sa profondeur, elles la trahissent peutêtre ici ou là. Le but de ces notes est de chercher à mieux comprendre au risque de se tromper.
Il y a une « voie royale », et une « voie laborieuse ». Dans la première, la réalité est connue et appréhendée directement, sans effort, angoisse ni peine(1). C'est le paradis, l'âge d'or, la Connaissance immédiate, la « Révélation ». Dans la seconde, les pensées sont le résultat d'un travail: l'élaboration.
Choisissant un autre modèle, on peut dire aussi qu'il y a deux organes psychiques: l'un servant à penser les pensées, l'autre à connaître le réel. Ce dernier « voit » les choses et les transmet à l'appareil à penser les pensées pour qu'il les exprime, en les traduisant en mots(2). Le penseur dépend du « mystique ». Ce dernier utilise son appareil à connaître les choses directement, par intuition. Il peut connaître une sorte d'état de grâce qui est l'état d'évidence. Quand l'appareil à penser les pensées abdique et que l'appareil à connaître les choses entre