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Les idéologies ont, à leurs points extrêmes, deux origines diamétralement opposées. L'une, étant la recherche perpétuelle d'identification et obéissance, d'ailleurs jamais atteinte, à un Idéal du Moi entendu comme une introjection de l'objet idéalisé; l'autre, l'épanouissement de la pensée dans une relation d'objet évoluée, le travail d'un Moi qui utilise cette fonction à lui-même qu'on appelle Moi idéal.
Quand nous parlons d'idéologie, qu'elle soit une idéologie politique, religieuse, philosophique, scientifique, ou toute autre, nous pensons presque toujours à cette forme stérilisante d'idéologie dérivant d'une structure archaïque de la relation d'objet.
L'objet idéal introjecté, idéalisation de la partie bonne de l'objet total scindé, fonctionne comme une source de soulagement de la souffrance infligée par l'objet persécutoire également introjecté. C'est-à-dire, l'objet idéalisé est une image compensatrice construite pour écarter le sujet de la relation terrifiante avec l'imago orale primitive et destructive.
Ainsi, l'Idéal du Moi est la survivance de cet objet Dieu, tout-puissant, que l'obéissance au principe du plaisir impose — pour retrouver l'état narcissique parfait que la naissance a interrompu; et que, des satisfactions de la vie courante, seul l'orgasme atteint et rien que pour de courts instants.
L'objet idéal, abrité à l'intérieur de l'individu comme un corps étranger, est perpétuellement projeté car non assimilé, vu sa qualité d'absolu. De fait, on ne peut s'identifier à un objet si parfait, sauf quand on tombe malade — je veux dire quand la réalité externe est désinvestie et que le délire s'y substitue.
On peut le projeter sur quelqu'un d'autre, mais on ne peut pas maintenir cette projection puisque l'autre ne parvient pas à y correspondre — personne n'atteint la perfection. Seulement les idéaux peuvent lui servir de support convenable, surtout s'ils sont personnifiés et s'il n'existe qu'un seul idéal (origine des religions et du monothéisme).
Le fantasme or