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Sans rien négliger des progrès certains qu'apporteront encore les recherches à venir, il est actuellement permis d'admettre que la psychanalyse a finalement conquis la connaissance des phénomènes psychotiques. Dans le même temps, la technique analytique du traitement psychothérapique des malades psychotiques s'est à la fois précisée et notablement développée.
Ce développement même a rendu non seulement possible mais nécessaire une nouvelle contribution de la psychanalyse au problème général du traitement des malades mentaux; cette contribution concerne les organismes de soins psychiatriques. Il est aujourd'hui des psychanalystes pour estimer qu'ils ne peuvent pas se désintéresser du fonctionnement de ces organismes; et cela non seulement parce que pour une part importante le succès et le confort des cures individuelles en dépendent, mais aussi parce que l'observation et la réflexion psychanalytiques, d'abord portées sur des cas individuels étudiés et traités dans le cadre institutionnel, et de là, peu à peu et nécessairement étendues à l'ensemble de ce cadre institutionnel, cette réflexion rejoint et précise l'opinion assez courante aujourd'hui que les soins psychiatriques sont profondément à repenser. Ils le sont, croyons-nous, bien plus encore et plus radicalement qu'on ne l'admet dans les réclamations ardentes que suscitent un peu partout l'insuffisance et la vétusté de l'équipement psychiatrique.
Mais que dire de la vétusté, de l'insuffisance et de l'approximation des conceptions psychiatriques les plus courantes?
Après tout, bien que la psychanalyse ait été assez paradoxalement entourée d'une réputation sinon d'inefficacité, du moins d'efficacité réduite aux regards d'une psychiatrie qui s'est posée tout à coup