You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
L'auteur se propose d'étudier la terminologie métaphorique des grammairiens (cf. Fónagy, 1963). Il en espère une meilleure compréhension des bases psychologiques de la phonation et une élucidation du rôle de la métaphore dans le développement de la pensée scientifique. La constance relative des métaphores est loin de réduire leur intérêt. Au contraire, elle pourrait bien argumenter en faveur des rapports naturels entre les sons du langage et le contenu mental, le phantasme que résume la métaphore.
A l'en croire, les métaphores, les sons du langage, les phonèmes sont des objets sonores colorés, grands ou petits, légers ou lourds, minces ou gros, durs ou mous, lisses ou rugueux, secs ou humides, transparents ou opaques. Le I figure par exemple parmi les voyelles claires, fines, légères, et s'oppose à la voyelle OU qui est sombre et grave. Les consonnes « sourdes » P, T, K sont plus dures que leurs homologues sonores B, D, G. Les P, T, K s'opposent en même temps en tant que consonnes lisses (psila) aux aspirées PH, TH, KH rugueuses (dasea, poilues). La consonne GN (de « règne ») s'oppose en tant que mouillée à N (de « reine »). Les objets sonores sont situés dans l'espace phonétique, les voyelles I, E, E sont élevées, les voyelles OU, O, A sont basses. On leur attribue souvent un sexe. Les voyelles I, E, E, U, EU sont féminines ou femelles par opposition à OU, O, A qui sont masculines ou mâles. La féminité concerne également les voyelles instables, ainsi le « e » caduc du français. La substitution de Z ou L à R apical (roulé) est ressentie comme efféminée. La mélodie s'inscrit comme un mouvement spatial : le ton monte ou descend. L'accent est interprété comme un coup (ictus), une pression (angl. stress).