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Coll. « Critique », Paris, Editions de Minuit, 1969
Avec cet Œil en trop, André Green a écrit la tragédie de la psychanalyse. Entendons par là qu'il a su montrer que le théâtre tragique et la psychanalyse entretiennent des rapports privilégiés, plus privilégiés que tous les autres modes d'être de la communication artistique. C'était une gageure, cette gageure est tenue avec une ampleur de regard et une démarche à la fois scrupuleuse et passionnée.
Je ne veux pas retracer ici, dans ce commentaire, la démonstration de la lecture psychanalytique que fait Green du texte tragique, et de l'explication du complexe d'Œdipe dans sa face négative.
A partir de Freud, par la thématisation de la blessure qu'il a infligée à la pensée, et de ce qui a été appelé par nos contemporains la « coupure épistémologique », tout texte en représentation sur la scène de l'Inconscient implique un théâtre, un espace, où une conscience spectatrice est prise au piège dans le lieu même de la représentation de son fantasme de désir.
Dans son « Prologue », comme une « ouverture », une « Parodos », Green va raconter — à l'envers, si j'ose dire — non pas tout ce qui s'est passé depuis les tragiques grecs, mais tout ce qui s'est passé depuis Freud et la psychanalyse interprétant les Grecs et ceux qui ont suivi.
Cette postérité tragique redevient une antériorité initiale.
Le tragique n'est pas « arrivé », ni avec les Grecs ni avec Freud. Mais il est mis, depuis Freud, dans la disposition d'être pensé, comme ce qui, étant « arrivé » dans un âge archaïque de notre humanité, revient à nous, comme la menace et la promesse de son retour (retour du refoulé). C'est là depuis la thématisation de Freud notre espace tragique d'existence par la mise en condition de notre être pensé par la psychanalyse. Mais si le « tragique » est un mode d'être — et tragique ne veut surtout pas dire dérélictueux — la tragédie, à son départ, a été un mode poétique, littéraire du « drame ».
Freud a puisé dans les tragiques grecs et dans Sh