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Dans l'Introduction à la psychanalyse qui date des années 1916-1917, Freud emploie le mot narcissisme pour désigner le déplacement de la libido. Celle-ci, qui est « l'expression d'une tendance à obtenir une satisfaction par le moyen des objets, peut aussi se détourner de ceux-ci et les remplacer par le Moi ». Freud ajoute qu'il ne peut s'agir « d'un événement exceptionnel et insignifiant; qu'il est plutôt probable que le narcissisme constitue l'état général et primitif d'où l'amour des objets n'est sorti qu'ultérieurement, sans amener par son apparition la disparition du narcissisme » — et encore: « On s'est rappelé que beaucoup de tendances sexuelles reĉoivent au début une satisfaction ayant pour source le corps même du sujet, et que c'est l'aptitude à l'auto-érotisme qui explique le retard que met la sexualité à s'adapter au principe de réalité inculqué par l'éducation. » Ces lignes, écrites avant l'élaboration de la dernière théorie des instincts, se trouvent dans le 26e chapitre consacré à « Théorie de la libido et le narcissisme »; elles sont suivies d'un certain nombre de notions auxquelles il m'a semblé pouvoir me référer pour aborder l'étude du narcissisme dans la cure. En effet, après avoir figuré par la célèbre représentation de l'amibe et de ses pseudopodes les rapports de la libido narcissique (contenue dans le Moi) et de la libido objectale, la première se transformant facilement en la seconde dans des conditions normales, Freud décrit quelques états psychiques qui ne peuvent se comprendre qu'en fonction de la double polarité libidinale. Or ces états vont nous apparaître comme faisant partie de la vie normale: attitude psychique dans l'amour, au cours des maladies organiques, dans le sommeil. Deux remarques très importantes commandent, l'une le développement concernant l'état amoureux, l'autre le système sommeil-rêve. La première remarque est bien connue, elle dit que le narcissisme est le complément libidinal de l'instinct de conservation et Freud ajou