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Pour qui n'admet ni les conflits ni les contradictions il n'est pas nécessaire de recourir directement à l'instinct ou à la pulsion de mort pour faire de Freud un pessimiste.
La priorité de la négation et la découverte de l'objet dans la haine, l'inéluctabilité de la séduction liée aux soins maternels, et celle du tiers lésé, la séparation des deux courants de la tendresse et de la sensualité, le fait que la libido a besoin d'obstacles, et qu'une satisfaction… mais aussi un refoulement ne peuvent être annulés, la difficulté de la sublimation, seule solution non conflictuelle pour les pulsions partielles, mais aussi le drame faustien de l'irréversibuité de la libido sublimée, le caractère conservateur des instincts, le narcissisme des petites différences, la puissance sexuelle peu compatible avec la connaissance et la vertu, la concurrence du principe de plaisir et de la réalité, la nécessité du détour… interminable, l'impossibilité de connaître directement l'inconscient autrement que par le symbolisme, le registre de l'Exception, la féminité (… la guerre de 1920… toujours continuée), le primat du phallus; mais aussi les limites: limites des applications de la psychanalyse, de la pédagogie, limites de la cure elle-même dans ses indications, sa technique et ses résultats; limites, obstacles, dangers, restrictions; enfin, le candidat à la psychanalyse: « un chat que nous achetons dans un sac » (2): autant d'arguments pour les partisans d'un certain « pessimisme ».
Et que dire, pour un esprit rationnel, de ces contradictions, abruptes, non conciliables, d'une page à l'autre, qui nous ont tous fait croire un jour à une erreur de lecture ou de traduction.
Bien entendu je pourrais aligner une autre série en faveur de l'optimisme de Freud, prise dans sa vie et son œuvre, ne serait-ce que sa confiance maintenue jusqu'à la fin à la cure, au processus psychanalytique, à la vie (3).
Mais pourquoi pas un cynique ? N'écrit-il pas à Jung en