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Les Editions Payot viennent de nous donner le second tome des œuvres complètes de Sándor Ferenczi. Il faut savoir gré à Gérard Mendel d'avoir réuni une équipe dont le mérite n'est pas seulement de nous donner une excellente traduction des travaux de Ferenczi (ce qui n'est déjà pas peu de chose) mais encore de pousser le scrupule jusqu'à chercher les deux versions, allemande et hongroise, de Ferenczi pour les comparer avec minutie, signaler les différences et donner en note les rajouts, souvent caractéristiques d'une pensée en évolution, d'un esprit qui ne semble trouver de repos que dans l'approfondissement de sa recherche. Le lecteur trouvera à cette édition le double intérêt de lire l'une des œuvres psychanalytiques les plus riches et les plus stimulantes dans sa propre langue et de disposer d'un ensemble complet, ordonné chronologiquement, qui seul permet de suivre le développement d'une pensée et d'une évolution théorique et technique qui soulève, nous le verrons dans le prolongement de cette réflexion qui anticipera sur les publications à venir, des problèmes qu'aucun psychanalyste ne peut écarter sans légèreté.
Il ne s'agira pas, on s'en doute, dans le cadre de ces quelques notes de lecture, d'une analyse de ce second volume qui, pour un peu plus de trois cents pages, ne comprend pas moins de quatre-vingt-quatre articles. C'est dire qu'il n'est pas dans mon intention d'en donner ici un résumé, fastidieux et d'ailleurs heureusement impossible, mais plutôt de montrer l'intérêt tout particulier suscité, du moins chez moi, par quelques-unes des études réunies dans ce volume. De longues études élaborées et approfondies alternent avec des notes de quelques lignes parfois — coups de projecteur éblouissants d'ingéniosité et de pénétration clinique — dont il ne nous déplairait pas que demain cette revue sût en retrouver l'inspiration.
Quatre pages seulement, belles comme un récit dense et ramassé. On pense aux écrivains russes, au Vagabon