You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Si l'on veut caractériser de la manière la plus générale la notion d'énergie psychique telle qu'elle est décrite dans les travaux de Freud, depuis L'esquisse d'une psychologie scientifique, on peut dire que cette énergie est produite par une marque (ou trace d'excitation associée à une image mnésique) et que, prise dans un réseau multiple de marques différentielles, elle est soumise à la double loi des processus dits primaires et secondaires qui la divisent et lui assignent deux états qualitatifs différents. D'un côté, les réseaux des marques, ou plutôt des images mnésiques qui y sont associées, représentants multiples de ces marques, impliquent un glissement prétendu libre de la charge énergétique amenée, dans le remplacement d'un représentant par l'autre, à se déplacer au long de leurs chaînes. De l'autre, le processus nommé secondaire impose à l'énergie une organisation plus fixe, étroitement dépendante d'un ordre socioculturel donné, de ce qui est y reçu et interdit, de ce qui s'y dit et de ce qui s'y tait.
Dans l'état primaire, celui où la circulation s'opère plus librement, le processus de décharge vise à l'immédiateté et se veut complet, tandis que là où les unités de la chaîne inconsciente, métaphorisées, déplacées dans les signes du discours, sont mises en place par investissement de certaines, refoulement d'autres, ordination, rangement, mise en relation, l'amortissement de la quantité d'énergie à décharger peut s'accomplir selon la loi d'une limitation, d'un contrôle et d'un retard.
On dit que dans le second processus, l'énergie se trouve liée, ce qui revêt une double signification :
— qu'elle est contenue dans des liens, soit emprisonnée, voire étouffée, mais aussi limitée, canalisée, maîtrisée ;
— que des liens s'établissent entre les représentants des marques, opération qui fixe des repères, délivre des significations selon l'ordre du discours existant.
Dans le même temps, cet ordre du discours existant se voit menacé d'ébranlement par