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Le nombre et l'importance des travaux sur le narcissisme, surtout depuis une quinzaine d'années, montrent à quel point sa problématique se repose constamment pour l'analyste dans son travail quotidien. En ce qui concerne la cure, je me réfère ici essentiellement aux travaux de B. Grunberger et aux discussions qu'ils ont suscitées, ainsi qu'au colloque de la Société de Paris. Je ne reprendrai évidemment pas l'ensemble de cette problématique. La confrontation entre tous ces apports et mon expérience personnelle m'a plutôt incitée à préciser certains aspects des investissements narcissiques dans la cure, investissements qui, selon les caractéristiques de leur relation réciproque avec les investissements objectaux, favorisent, rendent difficile, voire empêchent le processus analytique. Il m'est apparu en effet, qu'indépendamment des structures — névrotiques, caractérielles, psychotiques — de nos patients, il pouvait être utile d'étudier de ce point de vue d'une part les possibilités mêmes de l'analyse, d'autre part les modifications que l'analyste — quand cela lui est possible — fait subir à cet équilibre des investissements.
Dans Du narcissisme: une introduction et les écrits qui précèdent la deuxième topique, y compris ceux qui décrivent l'état amoureux, l'investissement narcissique apparaît comme inversement proportionnel à l'investissement objectai, puisque l'un s'appauvrit au détriment de l'autre. Le Moi a bien déjà deux manières de récupérer sa libido: soit par l'amour reçu de l'objet investi, soit par le retrait libidinal des objets. Mais les ambiguïtés surgissent aussitôt. En effet, dans le premier cas où l'investissement est apparemment objectai, l'objet est surestimé (au point de prendre la place de l'Idéal du Moi), ce qui, dit Freud, est le signe sûr du caractère narcissique du choix objectai. Dans le second cas, la tentative psychotique d'échapper à la dépendance blessanté