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L'étude clinique, objet de ce travail, s'inscrit dans le cadre d'un service d'enfants d'hôpital psychiatrique, juste au moment du renouvellement du chef de service (1) et des internes, en même temps que j'arrivais.
Les malades qui sont réunis ici en diverses sections forment un ensemble hétérogène. Ils mobilisent à titres divers l'angoisse du nouveau venu. Il peut s'agir chez les uns d'une extrême régression sans passage apparent entre la vie et la mort, l'une et l'autre se laissant appréhender à ce stade comme identiques ; chez les autres, de manifestations agressives excessives et incontrôlées, signe d'une volonté de vivre qui n'a pu trouver sa réalisation bénéfique.
Pour canaliser, maîtriser et transformer cette angoisse, il est institué alors des groupes de travail réunissant régulièrement les soignants des divers services et les membres de ce que nous appelons ici l'équipe médicale.
Il n'y a jusqu'à cette époque aucun participant de l'équipe médicale ayant une formation psychanalytique et une fonction psychothérapique associées. Il n'est par ailleurs pas indiqué de commencer des traitements tels que des psychothérapies d'inspiration analytique dans une institution peu préparée à les recevoir. Bien que cette position soit fort inconfortable j'ai attendu que la demande émane du groupe institutionnel, soignants-équipe médicale. Elle vient pour un cas qui a priori aurait pu sembler contre-indiqué pour une psychothérapie de ce type étant donné son lourd passé biologique et familial.
Régulièrement apparaissent, dans les groupes de travail auxquels je faisais allusion tout à l'heure, les doléances, les tracas, les inquiétudes, les mécontentements des soignants qui s'expriment à propos d'un enfant dont les caractéristiques sont mises en avant pour provoquer l'équipe soignante à intervenir. Il semble qu'un mécanisme de projection permette de cette façon aux soignants de se rassurer et de se protéger sur ce qu'ils ressentent comme leur impuissance à normaliser ce