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La recherche psychanalytique concernant les enfants psychotiques s'est jusqu'à présent poursuivie le plus souvent dans de petits cercles de recherche clinique isolés les uns des autres. Les ouvrages que j'ai lus sur ce sujet au cours des vingt dernières années m'ont fréquemment donné l'impression d'avoir à percer le secret de l'idéologie de tel ou tel chef de file, et à franchir les murs du dogme étiologique concernant les causes de la schizophrénie infantile, pour pouvoir tirer un enseignement de l'expérience de l'auteur et mettre à profit ses innovations techniques. L'auteur me semblait avoir choisi un cas spécifique illustrant les idées du courant psychanalytique auquel il appartenait, et qui lançait ainsi ses nouveaux concepts sur le marché de la psychothérapie psychanalytique.
C'est donc un plaisir de trouver des auteurs qui suivent une tradition psychanalytique plus authentique, fondée sur des faits cliniques donnés dans toute leur pureté. Joyce McDougall et Serge Lebovici ont le courage de nous présenter un fragment de l'analyse d'un garçon psychotique de neuf ans, l'un étant l'analyste du garçon, l'autre le superviseur de l'analyste. Les auteurs nous donnent non seulement une description clinique du cas, mais aussi des détails sur ce que fait l'enfant à chaque séance et sur les interventions cliniques et les interprétations personnelles de l'analyste.
Joyce McDougall se donne la peine de nous rapporter tout le contenu de son travail avec cet enfant. Le livre, publié en France en 1960, un an avant le livre de Melanie Klein relatant l'analyse d'un garçon de dix ans (Narrative of a Child Analysis), a attendu neuf ans sa traduction anglaise. La lenteur d'escargot avec laquelle communiquent et collaborent les spécialistes de cette branche — à une époque où la masse des informations se diffuse si rapidement — a quelque rapport avec la longueur de l'effort requis par l'établissement du contact — du dialogue, selon l'expression des auteurs — avec les enfants psychotiq