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L'interprétation est généralement étudiée par les psychanalystes d'un point de vue normatif : quand et comment faut-il interpréter au cours de la cure ? Que faut-il interpréter, ou ne pas interpréter ? Dans quel ordre ? Combien de fois peut-on répéter une interprétation ? L'examen de ces questions entre dans la rubrique de la technique. Les réponses apportées se fondent d'une part sur l'expérience clinique du psychanalyste (avec tel type de malade, telle modalité d'interprétation est habituellement suivie de tels ou tels effets, repérables dans la cure immédiatement ou après coup), d'autre part sur la théorie psychanalytique à laquelle il adhère. Le psychanalyste interprète ce qu'il a compris. Or ce qu'il comprend, il le comprend non seulement par rapport à la problématique singulière du patient mais tout autant par rapport à la seconde topique freudienne, ou à la psychologie du Moi, ou au système de Melanie Klein, etc., qu'il a fait sien partiellement ou globalement. L'interprétation est ainsi un art, qui trouve dans la clinique des névroses, voire des psychoses, et dans la théorie de l'appareil psychique sa justification. Le but final de telles études est de différencier la « bonne » interprétation de la « mauvaise ». Il apparaît ainsi, on le sait, que la « bonne » interprétation doit être exacte, opportune, mesurée, dense, claire, concise, concrète, vivante sans être séduisante, suggestive plutôt qu'exhaustive. Sur ce sujet, beaucoup a été dit, encore qu'il reste à chaque thérapeute de réinventer pour son propre compte la « bonne » interprétation tout au long de sa pratique. Nous n'y reviendrons pas.
Par contre, la théorie de l'interprétation n'a guère été faite par les psychanalystes, qui en ont jusqu'ici laissé le soin aux philosophes, sous la rubrique de l'herméneutique. Ceci a pour inconvénient que l'interprétation psychanalytique y perd sa spécificité. L'exégèse biblique, la critique littéraire, le structuralisme linguistique ou ethnologique, l'analyse de co