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L'œuvre de Herman Nunberg, décédé le 20 mai 1970, occupe une place considérable dans l'histoire de la psychanalyse.
Né en 1884 à Bendzin (Pologne), il fait à Cracovie ses études secondaires et, malgré son intérêt pour l'histoire, deux années de médecine. Il se rend ensuite à Zurich, où il bénéficie de l'enseignement d'Eugen Bleuler et de Cari G. Jung, et suit assidûment les cours sur l'hypnose. Revenu à Cracovie, il découvre les travaux de Freud et, lors de la première guerre mondiale, vient s'installer à Vienne, où il devient membre de la Société psychanalytique.
En 1933, il émigre avec sa famille et, répondant à l'invitation de l'Université de Philadelphie, professe un an dans cette ville. Il se fixe enfin à New York, où il exercera jusqu'à sa mort.
Malgré une très élogieuse préface de Freud, son premier ouvrage, Allgemeine Neurosenlehre auf Psychoanalystischer Grundlage(1932) ne parut en traductions anglaise, puis française, qu'en 1955 et 1957. Le souci qu'il y témoigne de n'avancer aucune conclusion théorique qui ne se fonde sur l'apport de l'expérience clinique, ne cessera de le guider dans sa réflexion. C'est ainsi qu'en i960, dans son texte Curiosité, il déclare : « J'ai voulu (…) montrer à quel point est progressive la compréhension théorique de certains problèmes, et à quel point nous devons être circonspects vis-à-vis de nos conclusions théoriques ».
Ses réflexions, notamment, sur la fonction du Moi et son rôle dans le processus de guérison, ont grandement contribué au développement de la pensée psychanalytique.
L'enseignement de Nunberg — qui assura, dé 1950 à 1952, la Présidence de la Société psychanalytique de New York — ne se limitait pas aux séminaires et aux contrôles, mais se poursuivait dans un rapport constant avec ses élèves, qu'il continuait de guider dans leur travail clinique et théorique.
La récente publication de ses Mémoires (New York, 1969), et celle des Minutes de la Société psychanalytique de Vienne, qu'il enrichit d'une importante introductio