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« Au fond si l'on voulait être rigoureux et pourquoi ne pas l'être dans la mesure du possible ? Il ne faudrait reconnaître une psychanalyse comme correcte que quand elle aurait réussi à lever le voile d'amnésie qui cache à l'adulte les années anciennes de son enfance de deux à cinq ans environ. »
Freud inventait la psychanalyse à partir de cette étonnante découverte. Dans la vie des névrosés, s'étaient produits des événements, des impressions qui n'avaient pas pu être compris, soit du fait de l'immaturité du sujet, soit à cause de leur nature même ; trop déplaisants parce que douloureux ou honteux, ils étaient inacceptables ; non vécus, non déchargés ils étaient soustraits à la conscience et devenaient tout à fait incapables de parvenir à celle-ci ; ils n'en continuaient pas moins à exercer leurs effets à l'état d'inconscience — deuxième conscience dans la première où ils apparaissaient comme une lacune, une faille, une rupture associative — à la place de cette faille parlait le symptôme, conversion, phobie ou obsession.
Ces événements non déchargés et inconscients agissaient comme un traumatisme mais en vérité ce n'était pas l'événement lui-même qui constituait le traumatisme mais son ressouvenir, sa réminiscence comparée classiquement — quant à son action douloureuse — à l'irritation d'un corps étranger.
Si à la place de la lacune de la conscience parlait le symptôme, il n'était cependant pas possible ni au patient ni au praticien d'en comprendre le discours et seul le long travail de l'analyse contre la résistance pouvait le ramener à des idées, des sentiments qui reprenaient leur place dans la chaîne des associations.
Freud affirme — et combien révolutionnaire est cette affirmation