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« On arrache à une guêpe ses ailes », telle pourrait être la légende d'un fantasme imagé de l'Homme aux loups. Et c'est sans peine que l'on verrait s'inscrire dans le texte le thème de la castration. Rien néanmoins ne nous permet de savoir à première vue à qui le sujet du verbe enlève son complément. Et quelle est cette guêpe qui pique l'Homme aux loups au point qu'il doive édifier contre elle le rempart de la phobie ? Tout contre, puisqu'il ne peut vivre sans elle, ou sans lui, Freud — devenu objet contraphobique — qui l'invite au terme fixé à voler de ses propres ailes.
Que symbolise une guêpe ? pourrait-on se demander. Mais c'est en vain que serait parcouru pour y trouver une réponse le chapitre sur « Le symbolisme dans les rêves ». Une réminiscence de lecture freudienne pourrait rappeler à l'interrogateur que le langage symbolique ignore souvent la différence entre les sexes, qu'une « petite chose » peut aussi bien évoquer le sexe féminin que masculin (2). En faisant de la guêpe un symbole phallique, on pourrait tout autant rêver des transports du phallus ailé. La recherche d'un symbole féminin quant à lui pourrait conduire à une femme à la taille de guêpe.
En fait, au plus près du texte, c'est au mot « guêpe » lui-même (Wespe) que l'Homme aux loups enlève la lettre W qui pour lui demeure lettre morte, jusqu'à ce que l'éclat de son absence la signale à l'attention comme une lettre dérobée. L'effet de la phrase « on arrache à une guêpe ses ailes » se redouble dans le mot Wespe privé de son double V. Espe, c'est moi, dit l'Homme aux loups qui reconnaît soudainement les initiales de son nom : S. P. Est-ce à dire que le W., sous le signe d'une première initiale placée devant sa signature usuelle,