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Ce n'est ni par hasard ni pour des raisons sémantiques que l'une des traductions du classique Inhibition, symptôme et angoisse [22] en est venue à porter un tout autre titre : Le problème de l'angoisse [21]. Cette traduction, faite avec l'accord de Freud, soulignait, en indiquant cet autre titre possible, ce qui était au cœur du problème. Car, bien que Freud ait abordé là un grand nombre de questions cruciales et centrales — concernant les résistances, le refoulement et la défense, tant la souffrance (psychique) et le deuil que l'angoisse, les différences entre l'angoisse névrotique et l'angoisse justifiée par la réalité, la formation des inhibitions et du symptôme — son thème central et sa préoccupation constante étaient les problèmes théoriques impliqués par la genèse même de l'angoisse.
Bien que la question de l'angoisse fût un souci essentiel de Freud et apparût au premier plan de ses écrits du début à la fin de son œuvre, son mode de penser à ce sujet resta relativement constant et se concentra exclusivement sur deux points théoriques nodaux durant toute l'histoire de son développement.
La première idée apparut de bonne heure, aux alentours de 1894-1895 [15, 16]. L'attention de Freud fut d'abord attirée par l'angoisse observée dans un groupe de cas qui lui parurent propres à être « détachés » des autres formes de psychopathologie et de formation de symptômes, et caractérisés par une tension sexuelle massive non déchargée, où l'angoisse était aussi un trait prédominant [16]. Ce fut dans de tels cas cliniques que Freud eut l'impression d'en déceler la source et l'origine et c'est à partir d'eux qu'il énonça sa première théorie de l'angoisse. Encore fidèle à sa pensée neurologique et sous l'influence du biologique « principe de constance » de Fechner, Freud vit alors la cause de l'angoisse sous la forme d'un processus de transformation directe, toxique, de l'excitation de la libido refoulée en affect d'angoisse. L'angoisse était automatique, réalisant un substitut d