You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
La découverte de l'étendue et de l'importance du champ fantasmatique coïncide avec la découverte de la psychanalyse. Nous éprouvons même le besoin de traduire l'allemand die Phantasie par le terme de « fantasme » qui, bien qu'appartenant à la langue française, y était peu usité et considéré comme vieilli avant l'ère psychanalytique. Ni « imaginaire », ni « imagination » n'ont paru propres à mettre en valeur le statut original attribué par Freud au fantasme.
Bien sûr, avant Freud, l'on savait quelque chose de la vie fantasmatique, de même que l'on savait quelque chose du rêve: les créations de l'imagination étaient au mieux poésie, au pire hallucination et délire. Et fonder le conscient et le rationnel sur l'inconscient et le fantasmatique n'a pas été de soi. Freud ne découvre pas l'existence des fantasmes en général. Il en montre le sens, la valeur, le rôle pathogène éventuel, l'enracinement dans l'enfance. Il découvre les fantasmes inconscients et il montre qu'ils sont des variations individuelles sur des thèmes communs à tous les hommes, et appartiennent à la structure psychique de l'être humain.
On sait que Freud pensa d'abord qu'une névrose (il s'agit surtout de la névrose hystérique) (2) avait une étiologie traumatique (3), le trauma sexuel ajoutant ses effets à ceux d'une prédisposition constitutionnelle (4). Ce traumatisme sexuel est une séduction de l'enfant parfois par un autre enfant, frère ou sœur plus âgés, le plus souvent par un adulte (étranger, bonne, nurse, gouvernante, tuteur ou même parent proche); il est à remarquer que Freud n'ose pas publier ses cas en invoquant la séduction par le père ou la mère (5).