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Il s'agit dans ce texte de rendre ses droits à la valeur de structuration de ce que Freud a appelé la fantasmatisation et que j'ai dénommé le « fantasmatique ».
A l'aide d'un « matériel casuistique » — une paranoïa de jalousie — il s'agit d'établir le statut métapsychologique de ce pouvoir « fantasmatique ». Ce sera celui — ce statut — du « Moi » inconscient, médiatisé par le Moi inconscient de l'objet. Cette médiatisation est une relation à la fois critique et structurante; elle peut être irréalisée ou déréalisée dans les formations psychiques pathologiques. Elle peut être accréditée, avérée, par l'effet d'une paternité d'écoute, celle de l'analyste. Ecoute de l'inconscient, du fantasme (du désir) inconscient dont le signe langagier (le signifiant) n'est qu'un dérivé, technique et représentatif.
Cette élaboration s'étaye sur certains textes de Freud, de Melanie Klein, d'Emmanuel Kant.
Si l'on reprend, dans ses débuts, les fondements de l'ébranlement critique qu'est la venue de la Critique de la raison pure, on en vient à la dissertation de 1770 où Kant s'applique à montrer que l'espace et le temps sont des êtres imaginaires (ens imaginarium), c'est-à-dire deviendront les formes pures a priori de la sensibilité. Ces êtres imaginaires s'articulent autour du vide du temps, du vide de l'espace. Ce sont des a priori de constitution, c'est-à-dire qu'il y a une priorité du constitutif qui ôte à qui que ce soit le droit de signer la mise en scène, de l'espace et du temps.
Priorité du constitutif, comme priorité du conditionnement et de la syntaxe.
Le langage ne coupe pas ce constitutif; au contraire, par lui, il s'établit.
J'ai traité dans un article, « Le pouvoir fantasmatique de la pensée