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Il m'est bien difficile de prendre en considération, dans une courte intervention, tous les apports cliniques et théoriques de ce travail. Néanmoins, Michel Fain a dit ce matin quelque chose qui m'a permis d'améliorer mon écoute dans un sens fort sympathique, et de la relier à mes propres réflexions, ce dont je le remercie doublement.
Il a dit en effet qu'il était d'accord avec l'idée que le chaos primitif tend à se structurer vers un ordre ayant cette caractéristique particulière, que plus il est véritablement évolué, plus grand est son degré d'improbabilité. Ceci est une idée profondément clinique, et que je suis porté à ressentir comme la direction finale d'un processus analytique évoluant favorablement.
En partant de là et en passant par le problème de certains délires mystiques, j'essaierai d'articuler une vue personnelle concernant le pare-excitation, avec les formations fantasmatiques particulières que sont les Représentations-But.
Si les fantasmes inconscients jouent le rôle de filtres dans la masse énorme de stimuli lancés à l'enfant par la réalité extérieure, les représentations-but (c'est un concept qui n'a pas encore été abordé à ce Colloque) sont directement reliées aux précédents — car une représentation-but est une représentation de désir fondée sur le souvenir d'une satisfaction — et pourtant me paraissent avoir un statut fonctionnel privilégié.
Il m'est venu une petite illustration puisée dans la mystique occidentale, en guise d'introduction. Ce n'est pas pour rien que la chrétienté, qui a soutenu tant d'états limites au-dessus de l'abîme psychotique qu'évoque Michel Fain, fondait son pouvoir sur des représentations-but du type suivant, et je me permets de citer l'Evangile, à vrai dire indirectement puisque tout cela est extrait d'un matériel clinique assez