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Héros phalliques et symboles maternels
dans la mythologie australienne
(The eternal ones of the dream)
par Geza Roheim Coll.
« Connaissance de l'inconscient », Gallimard, 1970
Avant d'interpréter il faut connaître et comprendre. La réalité ethnique se saisit sur place, à travers le contact vivant et irremplaçable que Roheim a pu comparer à la relation transférentielle. Confrontée aux récits des voyageurs, à la richesse des musées, la portée de deux ou trois expéditions semble limitée ; mais ce vécu originel constitue une incitation permanente à la réflexion. L'essentiel de son œuvre concerne l'Australie centrale qu'il a visitée à partir de 1923. L'étude de cette civilisation et celle de l'île Normanby ont permis à Roheim d'utiliser au fur et à mesure de leur élaboration les hypothèses de Freud, de Jones, de Ferenczi, de Rank, d'Abraham, de Melanie Klein et d'y ajouter les siennes. Un effort permanent pour maintenir le contact entre la recherche clinique et la réflexion ethnographique le caractérise. Sur le terrain, à l'inventaire ethnologique classique, description des habitants, du milieu naturel, des rapports sociaux, des institutions et des croyances, il ajoute le recueil des rêves et l'observation des jeux des enfants. Il soumet ensuite à l'interprétation analytique la totalité du matériel.
Même dans le cadre de ce compte rendu restreint nous croyons utile de donner quelques renseignements sur les deux populations principalement étudiées pour rendre parlante l'évocation des thèmes qui suivra. Antérieurement à l'arrivée des Européens et comme tous les indigènes de l'Océanie, les Australiens vivaient à l'âge de la Pierre. Très primitifs, ces nomades nus se nourrissaient de cueillette et de chasse ; ils ignoraient l'agriculture. Le pays, désert immense et aride, est peuplé de kangourous, de lézards, de serpents et d'animaux curieux : l'émeu (oiseau sans ailes) et le tjilpa ou chat indigène (marsupial carnivore). Ces animaux sont les principau