You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
L'anecdote vaut d'être racontée. En mal de trouver une séance d'analyse à présenter pour un Séminaire qui réunit annuellement un groupe d'analystes — mais le lecteur ne se satisfera pas à juste titre de cette raison —, j'avais tout bonnement puisé dans les notes quotidiennes de Freud concernant l'Homme aux rats. Je n'en avais pas prévenu mes auditeurs; je leur livrais simplement le protocole d'une séance d'analyse. Lorsqu'à la fin de l'exposé ils me firent part de leurs remarques, déférentes mais empreintes de réserves sur les interprétations qui avaient été faites, je compris qu'ils me faisaient le crédit de cette analyse, et qu'ils se trouvaient embarrasses de devoir me critiquer. Je voulus les mettre à l'aise en leur confiant que l'analyse n'avait pas été faite par moi, sans toutefois leur dévoiler l'identité de l'analyste, ce qu'ils ne me demandaient d'ailleurs pas. Dès lors ils ne cachèrent pas que l'analyste, à leurs yeux, ne s'était pas conformé aux règles classiques de la technique analytique, telles l'interprétation de l'Œdipe avant le prégénital, de la défense en même temps que de la pulsion, toutes interprétations, enfin, devant explicitement tenir compte du transfert.
Pouvaient-ils mieux justifier mon propos?
Les remarques de mes auditeurs me plaçaient en effet devant l'impérieuse tâche de vérifier tout autant la pertinence des interprétations dans cette séance que le bien-fondé des règles de la technique analytique transmises par plus d'un demi-siècle de pratique. Leurs observations n'étaient d'ailleurs pas sans rejoindre certaines critiques adressées à Freud par des analystes contemporains et auxquelles je me devais de prêter attention. Ce fait était déjà digne en lui-même du plus haut intérêt.
La révélation qui fut faite en dernière instance à ceux qui partageaient l'expérience, qu'il s'agissait d'une analyse de Freud, ne rendit