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A propos de Samuel Lindner, pédiatre et gynécologue à Budapest, S. Ferenczi écrivait en 1911 (Bausteine, vol. IV):
Il appartient aux rares personnes auxquelles Freud pouvait se référer comme à un prédécesseur pour fonder sa théorie de la sexualité. Son travail le plus important sur « le suçotement ou la succion voluptueuse » a été publié dans les Archives de Pédiatrie (Archive für Kinderheilkunde) en 1879. Dans ce travail, explicité par de nombreuses illustrations intéressantes, l'auteur communique ses observations sur les différentes formes du suçotement chez de très jeunes enfants et des adolescents; il insiste expressément sur le caractère érotique de cette « mauvaise habitude » et reconnaît son passage progressif à la masturbation infantile. Bien entendu, nul ne voulut le croire; comme il défendait sa thèse contre ceux qui ironisaient, on le tint pour un original. J'eus le plaisir d'attirer l'attention du vieux monsieur retiré de la pratique médicale sur la résurrection victorieuse de sa conception dans les écrits de Freud. «
Outre le texte qu'on va lire, S. Lindner a publié celui d'une conférence prononcée à Budapest en 1894, lors d'un Congrès international d'Hygiène, sur la « Stérilité intentionnelle ».
Messieurs, le suçotement des doigts, des lèvres, etc., chez les enfants, est une particularité connue depuis longtemps, mais ces manifestations si répandues n'ont pas fait, à ma connaissance, l'objet d'une prise en considération scientifique exhaustive. On les a simplement rangées au nombre des mauvaises habitudes de l'enfant (3).
Il n'en est que plus opportun, me semble-t-il, de rassembler quelques observations et d'examiner les conclusions qu'on peut en tirer.
Je désignerai cette activité de l'enfant par le terme « suçotement », ou plutôt