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L'odeur des cadavres que je perçois nettement sous celle de l'herbe et de l'humus ne m'est pas désagréable. Un peu trop sucrée peut-être, un peu entêtante, mais combien préférable à celle des vivants, des aisselles, des pieds, des culs, des prépuces cireux et des ovules désappointés. «
Un cycle de la psychanalyse paraît aujourd'hui se clore, où de secrète elle devient publique, d'objet de scandale elle devient bonne à consommer, en même temps que la biographie « attitrée » de Freud nous livre son dernier tome.
Le bruit de la dévotion à Freud s'entend maintenant bien loin du champ de l'analyse, convaincant mais aussi réifiant, Freud se figeant dans l'interrogation macabre et nécrophile à laquelle s'expose pour la postérité tout grand créateur, et lui plus que tout autre du fait même de ce que son auto-analyse a révélé à l'homme sur l'homme.
Tel un cadavre des marais, Tausk, un des premiers élèves viennois de Freud, tend à réapparaître depuis quelque temps, et le livre de Roazen semble survenir à point nommé pour évoquer à nos mémoires dociles ce « slave déconcertant » ressuscité par les soins de l'auteur « des ombres de l'histoire de la psychanalyse », lui dont nous connaissons mal tant l'homme qu'il fut que l'œuvre qu'il produisit.
Est-ce le titre du livre qui lui confère un ton d'information scandaleuse, malgré une réflexion attentive et documentée encore que parfois confuse dans sa méthode? Il n'est en effet pas dépourvu d'une certaine brutalité de montreur présentant le héros sous son aspect le plus saisissant, dans un condensé ambitieux, à une foule ignorante et crédule. Brother Animal s'édulcore dans la traduction française immanquablement franciscaine: Frère animal ou Animal mon frère; il est tiré d'un commentaire de Lou Andréas Salome sur Tausk: