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« Je vous apporte la plus belle et peut-çtre la seule épave de mon naufrage. Dans ce coffret dont je n'ai pas la clé et que je vous livre dort l'idée désarmante de la présence et de l'absence dans l'amour. »
André Breton,
Ainsi pourrait s'exprimer le sujet, que l'énigme des répétitions de l'illusion et de la désillusion, qu'il subit sans savoir quel désir l'anime, conduit sur le divan d'un psychanalyste. Illusion et désillusion mettent en cause la réalité de l'objet et celle du sujet dans la présence et dans l'absence physiques. L'inconscience quant au désir pose le problème de la réalité du rapport du sujet à l'objet dans la présence et dans l'absence psychiques. A celui dont la demande porte sur la révélation de la vérité de son désir simultanée à la satisfaction de celui-ci, la psychanalyse propose la connaissance de la réalité historique de ce désir, la connaissance de son activité psychique comme mémoire des relations de ses pulsions avec son propre corps et avec le corps de ses objets. Le souhait du névrosé serait, dans son malaise et son insatisfaction, que la psychanalyse fasse magiquement coïncider la vérité de son désir et la réalité de l'objet, coïncidence qu'échoue son fantasme à maintenir, à la différence du fétiche dont la matérialité assure cette fonction. C'est pourquoi le pervers n'a rien à demander au psychanalyste, mais ceci n'implique pas qu'une psychanalyse doive déboucher sur la perversion. Voilà qui est vite dit, en sommes-nous si sûrs ? Les derniers écrits de Freud, ceux de 1938, l'Abrégé de psychanalyse et Le clivage du Moi dans le processus défensif, texte inachevé, contiennent l'idée que le détachement complet de la réalité se produit rarement, peut-çtre mçme jamais (mçme dans la psychose) et