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Le dense, foisonnant et complexe rapport de D. Braunschweig, à quoi s'agrège une généreuse présentation, venue après coup lui conférer un surcroît de richesse, est bien à l'image de son sujet. De cette correspondance, sans doute mi-spontanée mi-concertée, il tire à la fois le principe de sa prise et les inévitables limites de son emprise. En effet, comme le bel exergue surréaliste que notre auteur a voulu inscrire au fronton de son travail nous le suggère, le psychanalyste, dans sa pratique aussi bien que dans sa réflexion sur sa pratique, ne saurait çtre finalement qu'un « inventeur d'épaves » où, au sein de chacune, « dort l'idée désarmante de la présence et de l'absence » conjuguées. Oui, la réalité en psychanalyse se donne bien, toujours, quel que soit le système de référence par rapport auquel on se situe, comme essentiellement mixte. Et sans doute est-ce cette foncière mixité, ce caractère de mélange non entièrement déterminable, qui la laisse toujours « désarmante » — ne serait-ce que dans l'idée, ou les idées, que nous pouvons nous en faire.
Je souscris donc au pluralisme défendu ici mçme par M. Neyraut et A. Green : il y a non pas une mais des réalités. Conséquence immédiate autant qu'obligée : une relativisation radicale — ce qui ne signifie aucunement une volatilisation — du réel psychanalytique. Que, dans notre vocabulaire, le terme de réalité ou de réel puisse çtre tour à tour opposé à plaisir, fantasme, idéal, manque, absence, illusion, fiction, etc., n'en est-ce pas déjà un indice assez spectaculaire ?
Aussi bien fallait-il que, dans ce thème océanique, « impossible » comme l'est notre métier, Denise Braunschweig traçât des limites et, au sein mçme du domaine ainsi circonscrit (celui de la théorie de la