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Les quelques thèmes que je vais développer ici ont été écrits avant que je reçoive le rapport de Mme Braunschweig ; ils ne peuvent donc çtre considérés comme une discussion de ce rapport, mçme si la démarche suivie a quelque chose de similaire. Comme on va le voir en effet, mes réflexions s'appuient sur la théorie analytique et plus particulièrement sur des textes freudiens d'avant 1920 ; mais tout autant je ferai appel à la pratique analytique, dans la mesure où, que nous le voulions ou non, la cure est constamment confrontée avec la réalité.
J'ajouterai que ces réflexions n'ont pas la prétention d'atteindre des fondements définitifs, mais plus simplement d'exprimer le point actuel d'un cheminement qui me paraît pour l'instant çtre vrai.
On peut dire tout de suite que, à parler de réel et de réalité, c'est un problème fondamental qui est abordé, non seulement sur le plan métapsychologique d'une théorie analytique structurée, mais encore parce que, à voir ses prolongements, on peut s'apercevoir que les psychanalystes se scindent (ici comme vis-à-vis de la pulsion de mort) en deux : ceux qui croient au réel et y ont recours ; et ceux qui, proches au fond d'une position d'idéalisme philosophique, n'y font jamais référence, voire mçme le nient. Cette bipartition est d'ailleurs assez comparable à celle que Mme Braunschweig établit dans son texte en distinguant les deux tendances entre lesquelles oscille toute réflexion humaine : la réifiante et l'intellectualisante. A la limite c'est l'opposition fondamentale, véritable acte de foi, entre le matérialisme le plus lourd et l'idéalisme le plus absolu, Berkeley par exemple.
Mais ce n'est pas du problème philosophique du réel que nous avons à traiter, et s'y attarder plus longtemps serait perdre de vue ce champ qui est le nôtre, le champ psychanalytique.
Tout de suite d'ailleurs, dans ce domaine propre, va surgir une difficulté, à partir de ceci que « réel » et « réalité » ne recouvrent pas des faits identiques ; qu'en allemand