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Parmi les voies nombreuses qu'ouvre le remarquable rapport de Denise Braunschweig sur Psychanalyse et réalité, il en est une qui nous tente et que nous nous proposons de poursuivre ici en notre propre sens. Il s'agit de préciser le rôle de certaines résistances dans la cure, spécialement dans leur rapport avec le langage. Avec bonheur, D. Braunschweig définit, en les opposant, ce qu'elle appelle des résistances par le dire et des résistances au dire. Cette opposition évoque celle, bien connue, établie naguère par M. Bouvet entre les résistances par le « trop sentir » et les résistances par le « trop comprendre ». Mais elle ajoute au schéma de Bouvet la dimension du langage, sans laquelle le processus de la « réalisation » demeurerait inintelligible dans l'analyse. La parole, matériel systématiquement privilégié par la technique, y est en effet à la fois l'indicateur et l'organisateur de la réalité. Par ses modalités toniques d'abord, par ses flexions, son volume sonore, son rythme, elle fournit un sûr moyen d'appréciation du degré de « présence » de l'analysé à la situation thérapeutique, et de son degré d'adhésion au contenu sémantique de son propre discours. Par ce contenu mçme, ensuite, elle révèle et simultanément structure, dans un espace bipersonnel à deux écoutes, d'ailleurs accordé à l'espace social collectif que définit la langue entendue au sens saussurien, la configuration du monde du sujet, sa représentation de la réalité. Cet espace est justement assimilé par D. Braunschweig, à la suite d'André Green, au lieu où s'articule l'inconscient de l'analysé au contact de celui de l'analyste, dont la présence mçme et le discours jouent en l'affaire le rôle régulateur que, toutes choses égales par ailleurs, la mère remplit auprès de l'enfant, comme, le souligne M. Fain, aux origines de la différenciation topique. Les diverses notations sémantiques — dénominatives, qualificatives, verbales ou personnelles — viennent y a ttester et y inscrire selon l'ordre de la pa