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Déjà les philosophes contestaient la validité conventionnelle de la réalité, sa vérité dogmatique et son objectivité absolue. Ils soulignaient par là l'importance de la subjectivité et préconisaient à leur façon la réalité psychique telle que Freud l'a ensuite décrite et valorisée.
La médecine moderne d'ailleurs, avec son attitude psychosomatique grandissante, met elle aussi en doute une certaine réalité du corps, puisque, derrière la lésion et la perturbation organiques, elle repère une réalité pathologique plus réelle bien que différente de celle que l'on peut toucher et mesurer.
La neurophysiologie enfin, d'après ses recherches les plus récentes, nous dit que les informations sensorielles périphériques sont modifiées dans le cerveau avant qu'elles ne soient perçues consciemment et que le message centripète, plutôt que d'çtre localisé dans des centres spécifiques, est distribué sur une vaste zone cérébrale. Il en résulte donc au point de vue fonctionnel que la réalité n'est pas perçue ou conceptualisée d'une seule façon, mais de plusieurs.
Malgré ces incertitudes et ces conditionnements subjectifs, la réalité extérieure existe et s'impose. Elle trouve sa solidité et sa force essentiellement dans le présent, puisque la réalité de demain ne peut çtre que projet ou hypothèse, et celle d'hier que souvenir ou nostalgie.
Or, le « miracle défensif » du névrosé, par rapport par exemple au psychotique, consiste en ceci : il arrive sans cesse à présentifier une réalité révolue, une réalité absente. A la manière d'un acteur, il fait revivre dans des décors actuels des scènes du passé et il se débrouille en plus pour modifier à sa guise cette réalité-fantôme, pour se faire et nous faire croire que non seulement elle n'était pas menaçante et anxiogène mais qu'elle constituait le paradis perdu.
Introduit dans la situation analytique, le névrosé doit se soumettre à des conditions qui d'emblée ébranlent ses défenses. L'analyste, qui va lui assurer une permanence objectale, devient en