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Dans cette intervention nous nous proposons de laisser de côté les diverses significations du terme de réalité, qu'elles soient d'origine juridique, philosophique ou mçme scientifique. Toutes ces significations, prises en elles-mçmes, seraient en effet étrangères à notre science, la psychanalyse. Pourtant, cette notion de réalité, nous la rencontrons quotidiennement dans notre pratique, encore que sous une forme déguisée, voire méconnaissable. Pour nous, analystes, c'est précisément ce maquillage, cette dénégation qui témoignera, plus que tout, de la présence de ce qui, pour notre patient, vaut comme « réalité » — réalité à escamoter — s'entend. Aussi bien pour nous, analystes, parler de « réalité » ne se rend possible que par le refus mçme qui, chez le patient, la désigne comme telle. Mais dans ce sens et dans ce sens seul, la « réalité » peut prétendre au titre de concept métapsychologique. Elle se définit donc comme ce qui est refusé, masqué, dénié en tant — précisément — que « réalité », comme ce qui, d'autant qu'il ne doit pas çtre connu, est, en un mot, elle se définit comme un secret. Le concept métapsychologique de Réalité (1) renvoie, dans l'appareil psychique, au lieu où le secret est enfoui.
Certes, l'opposition entre l'apparent et le caché, le manifeste et le latent, les déguisements et le désir, constitue un thème majeur de la psychanalyse dès ses débuts. Or, une telle opposition n'a pas à déboucher sur l'idée d'un secret ni sur celle d'une « réalité » visée comme telle. Ce qui est refoulé n'est jamais qu'une représentation ou un désir. C'est eux qui reviennent dans le symptôme, autant de « matérialisations » des mots, les mçmes que ceux qui les ont refoulés. L'hystérique, en effet, demeure en deçà de la visée de réalité, aussi ne saurait-il détenir quelque secret, du moins au sens métapsychologique. Peut-on dire,