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Dans l'introduction de son rapport « Psychanalyse et réalité », Denise Braunschweig cite le point de vue de Catherine Backes selon lequel « la fonction du psychanalyste est de décomposer le mythe pour reconstruire l'histoire ».
En effet, Catherine Backes, dans son article « Continuité mythique et construction historique » (L'Arc, n° 34), écrit que «… l'histoire se présente comme une déconstruction du mythe et du fantasme, en mçme temps que par là mçme elle constitue le cœur de la technique analytique ». Le mçme auteur (C. B…) ajoute par la suite : « Détromper, telle pourrait çtre la tâche majeure de l'analyste, à condition toutefois qu'elle se fasse historiquement. »
A notre avis, on pourrait dire plutôt que la fonction du psychanalyste est de reconstruire le mythe ou la mythologie du patient à travers son histoire au lieu de « décomposer le mythe pour reconstruire l'histoire ».
Qui dit mythe dit symbolique et par sa fonction symbolique le mythe rediachronise affectivement l'histoire. Ce que doit faire le psychanalyste en « tricotant » les mailles signifiantes de ses interprétations dans le cadre (setting) psychanalytique afin que la psychanalyse puisse devenir une psychosynthèse.
Par contre, on peut çtre tout à fait d'accord avec Denise Braunschweig quand elle écrit au chapitre « Devenir conscient et prise de conscience » : « Le patient, le temps nécessaire et d'une manière limitée à la situation psychanalytique et à ses implications directes, doit renoncer à l'épreuve de réalité », et par la suite, «… dans la situation de l'analyse, psychanalyste et patient doivent renoncer ensemble à toute épreuve de la réalité ». J'ajouterais volontiers « à la réalité tout court ».
A la table ronde du 6 mars 1971 de la Société Suisse de Psychanalyse sur La notion de la réalité dans la cure psychanalytique, dans le court exposé que j'ai présenté, j'ai soutenu le point de vue suivant :
Dans la relation psychanalytique, le psychanalyste est le seul objet réel, voire « invariant ». En fon