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On raconte du philosophe chinois Tschuang-Tse qu'il se réveilla un matin en disant : « J'ai rçvé cette nuit que j'étais un papillon. Comment puis-je savoir maintenant si je suis un homme qui croit avoir rçvé çtre un papillon, ou si je suis un papillon qui rçve maintenant qu'il est un homme ? »
Dans cette petite histoire le problème de la réalité et du rçve est posé sous une forme de paradoxe. Nulle part nous ne pourrions le confronter mieux que chez les psychotiques. L'on sait comment Freud a comparé l'état psychotique avec le rçve, en tant que la condition poulies deux états est l'aliénation de la réalité extérieure. C'est Jung qui avait montré le premier la ressemblance du rçve et de la psychose en mettant l'accent sur la dynamique de l'affaiblissement de la conscience, ce que nous appelons aujourd'hui l'affaiblissement du Moi.
Le cas clinique que je voudrais vous soumettre est celui du traitement d'une patiente schizophrène dans lequel j'ai varié la technique analytique chaque fois que le cours de la situation thérapeutique changeait.
Le point que j'aimerais souligner, c'est que rçve et réalité ont une dynamique spéciale dans la maladie psychotique. Si la réalité intérieure du malade constitue toute sa réalité pour laisser à peine une part pour le rçve, nous verrons qu'à mesure que la réalité extérieure s'établit, c'est-à-dire quand le malade est en voie de guérison, le rçve devient de plus en plus un élément important dans sa Psyché. Le traitement doit tenir compte de ce développement, commençant d'abord par