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Dans Vie et mort en Psychanalyse, Jean Laplanche poursuit et approfondit une étude des textes freudiens qu'il donne tout à la fois comme littérale, critique et interprétative ; il tente de retrouver au niveau d'une lecture « analytique » toujours prçte « à traiter sur le mçme pied le mot à mot, le phrase à phrase, et le texte à texte », la double règle complémentaire de la libre association et de l'attention librement flottante ; cette démarche est contrebalancée par une intention critique et par conséquent sélective.
Dans les textes qu'il nous livre ici et qui sont regroupés autour de la notion classique de conflit, il tente de dégager par le moyen d'un abord historicostructural de l'œuvre de Freud une problématique de l'objet de la psychanalyse.
Il faut savoir gré à l'auteur de n'avoir pas éludé des ambiguïtés présentes tout au long de l'œuvre freudienne. On peut rappeler simplement ici l'ambition exprimée dès 1895 dans l'Introduction de l'Esquisse de « faire entrer la psychologie dans le cadre des sciences naturelles », ambition dont la démesure mçme frayera la voie à une transposition des conceptions physicalistes initiales. De fait, la perspective de Laplanche lé conduit à une opposition de ce qu'il désigne par ordre vital et de l'ordre du symbolique qui n'est pas sans évoquer l'opposition du biologique et du psychologique, concrétisée déjà dans la production successive au printemps et à l'automne 1895 des Etudes sur l'hystérie et de l'Esquisse, et dont on peut suivre la trame jusqu'aux derniers écrits.
Pour Laplanche l'ordre vital (vie et mort) intervient aux limites et à l'intérieur du champ psychanalytique mais réfracté et représenté selon des modalités telles qu'il ne peut çtre une référence directe dans la pratique. Néanmoins, prolongeant les indications de Freud en les interprétant, il tente de retracer le destin de cet ordre vital lorsqu'il se transpose au plan de l'appareil psychique, et ce devenir-autre de la vie lorsqu'elle se symbolise au niveau humain,