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Nous devons à Jean Bégoin et à Florence Guignard la traduction de l'ouvrage du Dr Donald Meltzer concernant le processus psychanalytique. J. Bégoin et J. Gammill (2) ont apporté, en raison de leur formation, la note vivante du kleinisme, note qui manquait, au moins sous sa forme pure, à notre Société. Celle-ci s'en est trouvée enrichie. Dans une préface, J. Bégoin situe le livre et rend très clairement compte de l'ouvrage dont il a dirigé la traduction pour notre plus grand bien, et je ne saurai faire mieux que lui. Je crois, comme D. Meltzer le précise, que ce livre nécessite une connaissance préalable de l'œuvre de Melanie Klein, car il s'inscrit dans une perspective d'approfondissement de cette œuvre. En conséquence, je ne reprendrai pas ce qui est clairement exprimé dans cette excellente préface de J. Bégoin, je conseillerai d'ailleurs de la relire, lecture du livre terminée.
Au cours de cette introduction, J. Bégoin souligne quelques aspects communs entre certains points de vue d'auteurs français et ceux de D. Meltzer.
Il est de fait que fréquemment, particulièrement chez les psychanalystes français, apparaît un certain mixage des opinions dérivées de Melanie Klein avec d'autres plus fermement rattachées aux conceptions que nous a laissées S. Freud sur la théorie et la pratique psychanalytiques. Je ne trouve pas personnellement que les effets de ce mixage aient été heureux et convaincants. Ils ne tiennent pas compte d'une différence terminologique qui affecte mçme les termes de consonance commune. Le livre de D. Meltzer montre bien cette séparation, j'aurai à y revenir. Ainsi, le terme de projection n'est pas identique suivant qu'on lit un texte de Freud ou de Melanie Klein. J'ai déjà eu l'occasion de montrer comment sous la plume de S. Freud est décrit un mécanisme mental qui constitue une forme de retour du refoulé — mécanisme s'apparentant au double retournement de la pulsion. Quant au terme d'« introjection », il reste dans l'œuvre de S. Freud peu précis. Sui