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Evoquer la mémoire de Nicola Perrotti à nos confrères français est une tâche d'autant plus aisée qu'on a l'impression de s'adresser à des amis qui l'ont vu pendant de longues années s'intéresser de près à leurs travaux et animer de sa présence les Congrès des Psychanalystes de Langues romanes dont il soutenait l'importance avec ferveur.
Il était lié à ses confrères français par des sentiments sincères et profonds, et dès la fin de la guerre il s'empressa d'aller à Paris pour reprendre contact avec eux et renouer les liens avec la culture française.
On ne peut que mentionner ici les multiples activités que Nicola Perrotti déploya durant sa vie, tant sur le plan politique et social que dans le domaine scientifique.
Il s'était, dans sa jeunesse, voué en qualité de clinicien au service de son prochain et particulièrement des pauvres, et fut connu et estimé à ce titre tout autant qu'il devait l'çtre plus tard comme psychanalyste.
Avant et durant la guerre, il fut un des membres actifs de la Résistance italienne, et contribua entre autres à reconstituer le Parti socialiste italien.
Après la guerre, il fit partie de l'Assemblée qui rédigea la nouvelle Constitution de la République italienne. Il occupa ensuite la charge de ministre de la Santé publique.
Dans les vingt-cinq dernières années, il se consacra avec une ferveur particulière à la psychanalyse. Il avait déjà, en 1932, contribué à la fondation de la Société psychanalytique italienne. En 1951, il fonda l'Institut de Psychanalyse de Rome, qu'il dirigea jusqu'à sa mort.
Tous ceux qui ont travaillé à ses côtés ont pu apprécier ses brillantes qualités d'homme de science : son remarquable sens clinique qui s'appuyait sur une vaste expérience médicale, son courage en matière thérapeutique, son esprit scientifique largement ouvert aux nouveautés dont il savait toutefois juger en homme averti, sa disponibilité envers ses élèves qu'il était toujours prçt à écouter et auxquels il ne ménageait pas ses conseils et ses incitations. Il p