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Il est à la fois dommage et exaltant de constater qu'il n'y a pas la moindre trace d'une théorie générale de l'alcoolisme dans l'œuvre de Freud. Aucun article n'est centré sur ce problème, non plus que sur celui des toxicomanies, sinon peut-être, comme nous le verrons, le grand survol de Malaise dans la civilisation. Il n'est pas dans notre propos de nous demander les raisons d'un tel silence, encore que le blanc ainsi laissé dans un puzzle psychopathologique par ailleurs si bien reconstitué pour les névroses, les psychoses et les perversions ne puisse qu'amener tout psychanalyste à s'interroger sur les motivations profondes d'une telle « négligence » chez Freud. En ce qui concerne les drogues, on sait quels rapports ambigus il eut avec elles, et plus particulièrement avec la cocaïne dont il fut un des premiers à découvrir les effets thérapeutiques mais dont le détourna à jamais la mort d'un ami très cher. On connaît également le refus qu'il opposa lors des atroces souffrances de son cancer à l'usage d'antalgiques et le récit pathétique de son biographe E. Jones montre à l'évidence que leur emploi était et fut un jour pour lui synonyme d'acceptation de la mort.
Quant aux boissons alcoolisées, dont nous constaterons qu'il parle assez souvent avec une sorte d'ironie méfiante, nous n'avons de ses rapports avec elles que ce qu'en dit E. Jones dans des lignes brèves mais suffisamment révélatrices pour que nous apparaisse moins étonnant ce manque d'une théorisation de la psychopathologie alcoolique que nous déplorions plus haut. « On sait que Freud était grand fumeur. Sa