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Sol. — Tu veux guérir, il faut guérir.
Moi. — Qui dit ça ?
Sol. — Je veux pas guérir, je veux mourir, fracasser la mâchoire, crever le ventre, percer le cœur.
« Il n'est pas de contre-transfert qui ne soit gouverné aussi par quelque tache aveugle » (1). Quand la tache envahit tout le champ et bouche entièrement la vue de l'analyste, qu'il croit être ce qu'il n'est pas et s'adresser à quelqu'un qui n'est pas là, le processus analytique est enrayé. Ou bien la cure s'arrête — tous les prétextes feront l'affaire —, ou bien la résistance d'inertie provoque la question : si rien ne bouge, est-ce parce que le système (l'état du sujet et sa relation d'objet) ne peut pas bouger ou bien est-ce parce que, l'analyste se situant à l'intérieur même du système, sa position interdit à tout jamais qu'il l'envisage d'une façon indépendante par rapport à lui et qu'il étudie les relations qu'il établirait avec lui s'il lui était extérieur. Cette question très simple j'ai mis deux ans à me la poser à propos de Sol. et de notre relation.
Sol. est un garçon de douze ans, bien qu'en paraissant huit ou neuf, qui entre dans le service (2) sous la pression d'une demande plusieurs fois repoussée. Son symptôme morbide le plus apparent consiste à se taper la tête jusqu'à ce que le sang coule. Des plaques de cheveux ne repoussent plus aux endroits particulièrement soumis aux chocs de ses coups répétés. Son front est fissuré en son milieu par une énorme cicatrice boursouflée, son œil de cyclope, qu'il tâte régulièrement comme pour s'assurer de sa pérennité. Toute son énergie est investie dans sa tête qu'il aime et hait à la folie. L'introduction de toute personne dans son champ perceptif déclenche ses coups de tête (en réalité il faudrait trouver un mot global comme coups-tête, tête à coups, coupante tête coupée, pour rendre l'unicité de l'organe et de sa fonction rapportée).
« L'éternité » de son symptôme a obligé à des mesures de protection qu'il réclame maintenant lui-même, c'est-à-dire à des attach