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Le titre déjà de ce commentaire d'une lecture à bien des égards captivante, titre qui m'est venu sans réflexion, titre qui, pourrais-je dire, s'est écrit tout seul, contient cette ambiguïté dont le terme et le thème reviennent si souvent au long des pages de ce beau livre de Christian David, L'état amoureux. A propos de quoi, à propos de qui vraiment, serais-je le plus encline à faire partager les résonances, les échos, les questions, voire les curiosités plus ou moins malignes qu'il a éveillés. Serais-je tentée davantage par l'entreprise séduisante et périlleuse de parler de certains aspects abordés par Christian David dans son livre, aspects choisis en vertu d'un goût, d'un intérêt personnels tout autant que d'une nécessité, vu la densité de la matière traitée, ou davantage tentée de parler de l'auteur tel qu'il se dévoile, ou du moins tel que dans le chapitre central du livre, « le noyau de ce que nous appelons amour », le style en première personne qu'en particulier il y emprunte, il manifeste l'intention de le faire. Mais cette intention à son tour se voile d'une pudeur qui tire de l'art d'écrire la texture d'un tissage savant dont la trame inspirée est tantôt légère, de la finesse d'un tulle, tantôt si serrée qu'elle déjoue toute attention qui se voudrait indiscrète. Christian David, en fait, c'est dans ce double mouvement d'approche et de retrait qu'il nous donne le mieux à le connaître. Entre les deux, ce manque, ce défaut, « qui anime la connaissance aussi bien que l'être » et qui forme l'essence du noyau de l'amour sexuel, du désir d'amour, l'auteur doit être félicité de nous l'avoir rendu si sensible. Son livre ressemble au visage que nous offre le dos de sa couverture, ouvert à la scrutation, y invitant par un demi-sourire, une expression amicale et interrogative, mais derrière ce large front, ces yeux clairs, une pensée tournée vers l'intérieur suit une ligne mélodique que la langue poétique elle-même ne peut que suggérer ; tandis que le pli muet des lè